Le crocodile marin parcourt des centaines de kilomètres malgré sa lenteur à la nage : il synchronise ses déplacements avec les marées et utilise les courants comme un surfeur.
Le crocodile marin (Crocodylus porosus), également connu sous le nom de « estuarien », est le plus grand reptile du monde : il peut atteindre 6 mètres de long et peser jusqu’à une tonne, et certaines études affirment que les spécimens australiens peuvent atteindre deux tonnes et dépasser 7 mètres, voire 8 mètres. Considéré comme non menacé du point de vue de la conservation, il est répandu dans toute l’Asie du Sud-Est et jusqu’en Inde d’un côté et en Australie de l’autre ; il a colonisé un très grand nombre d’îles dans le Pacifique Sud. Et ce n’est pas évident, car le crocodile marin ne sait pas nager. Les spécimens australiens peuvent atteindre deux tonnes et dépasser 7 mètres, voire 8 mètres. Considéré comme non menacé du point de vue de la conservation, il est répandu dans toute l’Asie du Sud-Est et jusqu’en Inde d’un côté et en Australie de l’autre ; il a colonisé un très grand nombre d’îles dans le Pacifique Sud.
Et ce n’est pas évident, car le crocodile marin ne sait pas nager
« Il ne sait pas nager » est évidemment une exagération, mais il est vrai qu’il n’est pas un grand nageur, étant plus trapu et moins allongé que les autres crocodiles.
Pourtant, il est capable de parcourir d’énormes distances en mer : nous avons enregistré des spécimens ayant effectué des voyages de 590 km en 25 jours, et un autre crocodile marin de près de 5 mètres a voyagé seul sur 411 km en 20 jours. Il y a donc une contradiction : comment le crocodile marin peut-il se déplacer autant s’il nage mal ?
La réponse se trouve dans le surf, comme le suggère cette étude : ces reptiles sont très doués pour synchroniser leurs déplacements avec la marée. Environ une heure avant que l’eau commence à monter, ils se placent sur le banc de sable et attendent. Une fois que l’eau monte et que le courant commence à les entraîner, ils l’utilisent pour parcourir des distances qu’ils ne pourraient pas parcourir autrement.
Distances, records et coûts énergétiques
Les chiffres cités ci-dessus sont records, mais chaque voyage d’un crocodile marin à bord des courants est remarquable : en moyenne 50 km par jour, parcourant les rivières dans lesquelles ils nagent jusqu’à leur embouchure, et parfois jusqu’à la mer. C’est en profitant de ces courants que les crocodiles marins, apparus dans le Pacifique il y a 25 millions d’années, se sont répandus jusqu’en Inde et en Australie, colonisant également les îles rencontrées en chemin.
Surfeur ou non, le voyage du crocodile marin n’est jamais un voyage d’agrément
S’abandonner aux courants et se laisser transporter sur des centaines de kilomètres en pleine mer est fatigant, et pendant tout le trajet, les reptiles ne peuvent ni manger ni boire. C’est pourquoi ils ont appris à tirer pleinement parti des marées : lorsque l’eau commence à se retirer, ils interrompent leur déplacement pour se reposer, en attendant que les courants redeviennent favorables.

