La contestation a eu raison du projet. Gianni Infantino, président de la FIFA, a annoncé le 1er août à Genève l’abandon de FIFA Forward Enterprise, une filiale commerciale qui devait piloter les droits marketing des grandes compétitions de l’instance, Coupe du monde masculine en tête. Le montage prévoyait une ouverture du capital à des investisseurs privés.
L’ambition affichée était financière. La FIFA comptait sur cette structure pour muscler ses revenus et augmenter les aides versées aux fédérations membres. Les projections évoquaient un doublement des enveloppes du programme FIFA Forward, de 8 à 20 millions de dollars par fédération sur le cycle 2027-2030, avec des hausses supplémentaires promises pour les cycles suivants.
Le projet s’est heurté à un mur d’oppositions. L’UEFA, la CONCACAF et la Confédération asiatique de football ont fait connaître leurs réticences dès les premières annonces. L’instance européenne est allée jusqu’à évoquer un possible retrait de certaines de ses fédérations des compétitions FIFA si la réforme aboutissait. La CONMEBOL, elle, a réclamé des éclaircissements sur un montage jugé trop flou.
Les dissensions ont dépassé le cercle des confédérations. Carlos Cordeiro, conseiller principal de la FIFA, a présenté sa démission pour marquer son désaccord. Kevin Lamour, directeur des opérations, a critiqué publiquement le manque de transparence entourant les négociations.
Gianni Infantino a fini par reconnaître que la réforme fracturait l’institution qu’elle devait renforcer. Née pour financer le développement du football dans les pays les moins dotés, l’initiative s’est retournée contre son objectif initial. Les consultations menées auprès des différentes parties prenantes l’ont convaincu d’y renoncer.
Le patron du football mondial a rappelé une règle simple : une réforme de cette envergure exige le soutien de la majorité des fédérations et une concertation large avec le Conseil de la FIFA et les confédérations. Devant l’ampleur du rejet, il a préféré retirer le texte plutôt que de forcer le passage.
Il affiche désormais une autre priorité : reconstruire le consensus au sein de l’organisation et recentrer les efforts sur des initiatives partagées, en particulier dans les régions où les besoins d’investissement restent les plus criants.

